mercredi 4 janvier 2017

2016 s'achève, vive 2017!

Voilà un moment que, sans prévenir, l'optimisme s'est invité dans ma vie. Moi qui n'arrivais pas à comprendre comment le bonheur prenait forme, qui courait toujours après, et bien, j'ai arrêté de courir. Et voilà, c'est en arrêtant ma course, en prenant le temps de me réjouir de tout, même dans les moments sombres, que le bonheur est arrivé.
Je n'ai jamais lâché, j'ai toujours cru en des lendemains ensoleillés, même lorsque la brume était épaisse, même quand le brouillard de la vie était dense autour de moi, même lorsque j'ai pleuré, je me suis dit qu'il ne pouvait en être autrement, qu'il y a toujours un arc en ciel après la tempête.
Le chagrin est douloureux, mais pas toujours grave, puisqu'il n'y a que la mort qui est insurmontable.

2016 fut une année si compliquée, pleine de défis, de désillusions, de réussites, d'épreuves, de combats contre moi même, contre les événements, et pourtant. Et pourtant, parfois par automatisme, parfois par volonté, je suis restée debout. J'ai tangué, souvent, j'ai vacillé à certains moments, j'ai joué avec le feu, je me suis brûlé, mais jamais, oui jamais je n'ai reculé. La vie est une ligne qui a un début et une fin. Cette ligne n'est pas toujours droite, bien au contraire. Mais lorsqu'on réalise qu'elle ne retourne jamais vers l'arrière malgré les virages, on n'a d'autre choix que d'avancer en équilibriste coûte que coûte.

Il n'y a pas 36 solutions, il n'y en a qu'une. Ne jamais rien lâcher, jamais. Alors je me suis endurcie. J'ai décidé de laisser derrière moi tout ce qui est toxique, tout ce qui est néfaste, tout ce qui ne me grandi pas, tout ce qui me détourne de la beauté de la vie. Alors voilà, merci à vous, ma famille, mes amis, anciens ou nouveaux qui avaient été présent à chaque instant. Merci à ceux qui m'ont permis d'envisager la solitude, qui m'ont aidé à voir que courir de soirée en soirée n'était pas la solution, que savoir être seule était déjà un premier défi. En 2016, j'ai grandi, j'ai appris, je suis devenue, ou redevenue à cause des épreuves, celle que je suis.

Je ne suis plus en colère, je ne me sens plus toute petite, j'ai compris que je n'avais rien à prouver, sauf à moi-même. J'aime être avec moi en tête à tête, ou avec vous autour d'un verre, d'une discussion, d'une session shopping ou au milieu des poneys.

Et puis, il y a toi. Cela aurait pu avoir lieu il y a quelques mois, mais je n'aurais pas été prête. Il fallait que je ne sois plus malheureuse, il fallait que je m'accepte de nouveau, il fallait que je sache ce que je voulais, et surtout, ce que je ne voudrais plus jamais.
Et juste avant noël, un cadeau un peu en avance. 
Je t'ai rejoints pour un verre, sans attentes particulières, tranquillement, sans stress, sans pression. On dit toujours que les plus belles choses arrivent sans prévenir, et que tout peut aller très vite. C'est ce qui c'est passé. Tu m'as fait rire, tu m'as intéressée, tu m'as touchée, et j'ai adoré ta façon d'être. J'ai senti que tu ne me ferais pas de mal, que tu allais me faire du bien. Tu es la plus belle chose qui me soit arrivée depuis longtemps. Je ne sais pas ce que ça va donner, mais je ne me pose pas la question. J'ai envie de me laisser porter, de vivre et ressentir sans entrave. De faire confiance à la vie et de découvrir pas à pas ce que demain sera. En attendant, 2017 commence bien, avec toi.

Alors je me dis que finalement, il ne faut jamais perdre espoir. Il y a nos drames personnels qui se jouent. Ils sont plus ou moins graves. Et puis il y a les drames de la vie sur lesquels on ne peut rien. Ceux qui nous ont fait pleurer ces deux dernières années, ceux qui nous disent que la santé du monde va mal. Alors, réjouissons nous de nos petites victoires, voyons le verre à moitié plein (c'était ma résolution pour 2016 que j'ai tenu avec brio, pour une fois). Soyons heureux pour ceux qui ne le peuvent pas, nous leur devons bien. Aimons, soyons enjoués et optimistes, sans être stupides, cela va de soi. Dansons la vie, rêvons, croyons que tout est possible et que le brouillard fini toujours par se dissiper. N'ayons pas peur de faire des choix, de nous bouleverser, de sortir de nous pour aller toujours vers l'avant. La vie est belle lorsqu'on le décide et que l'on travaille en ce sens. Soyons moins égoïstes, pensons aux autres, de nous détestons plus, nous avons trop peu de temps pour cela. 

A ceux qui ne fêteront plus de jour de l'an, je fais la promesse de ne plus me plaindre. Voilà une résolution pour 2017 qui est très ambitieuse, mais cette année 2016 m'a prouvé que rien n'est impossible!

A vous, à nous, à toi...Bonne année 2017.
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samedi 29 octobre 2016

Le souffle coupé... Liberté!

Il y a ces moments où on sent que c'est la fin de la tristesse. Il y a ces moments où on sent que l'on a grandi. On regarde en arrière, on prend la mesure du chemin parcouru, et tout à coup, on se détend, on arrête de retenir son souffle, on ne serre plus les dents. Une certaine lucidité s'empare de nous et on se dit que ça y est, c'est l'heure du printemps. Voilà, l'heure du renouveau a sonné. On a travaillé dur pour y arriver, mais notre âme se fait à nouveau légère, on sort de la nuit. On respire à plein poumons, on se sent libre, libre de tout.

Que s'est-il passé entre temps? On a peut-être pansé nos blessures. Comment? ça, chacun sa méthode. Il n'y a pas de recette universelle ni conventionnelle. Certain s'accroche à des objectifs, d'autres se laissent aller. Pour ma part, j'ai fait un peu les deux. Mais ce qui est certain c'est qu'il faut se nourrir, laisser derrière soi l'inutile, la colère, la rancœur et la stupidité. Il ne faut consommer son énergie qu'à ce qui nous rend plus fort, ne rien donner à ce qui nous parasite. Rester entier pour soi et pour les autres, ceux que l'on aime, ou les causes justes. Penser, réfléchir mais surtout agir, éviter de tourner en rond. Il faut aussi accepter l'irrégularité de la vie, ces moments de doutes, ces circonstances malencontreuses et inévitables, et surtout attraper les multitudes de petites joies qui la jalonne.
Arrêter de voir en négatif, devenir conquérant.

Même si cela peut paraitre d'une affligeante banalité et de l'ordre du lieu commun, il faut savoir et se répéter que la vie est courte, que nous n'en n'avons qu'une. Bien sûr chacun peut avoir une deuxième ou une millième chance, mais il faut surtout commencer par comprendre nos erreurs et apprendre, toujours apprendre, s'enrichir de l'intérieur et de façon pérenne, ne pas rêver sa vie mais la vivre. Devenir meilleur pour soi et pour les autres. Coûte que coûte, griffer, morde, croquer bec et ongles les joies et chasser d'un revers de la main les tristesses.

Plus facile à dire qu'à faire me direz-vous. Mais je vous jure que c'est possible. Il suffit de puiser en soi. Parfois il suffit de sortir de chez soi, de marcher dans la rue, sentir le soleil sur sa peau, fermer les yeux, respirer profondément, détendre ses muscles, avancer, toujours avancer, sourire même lorsqu'il fait sombre à l'intérieur de nous. Ce n'est pas reposant, c'est parfois épuisant, mais le jeu en vaut la chandelle, car qui sait, qui peut dire ou prévoir ce qui nous attend au coin de la prochaine rue? Rester positif, se dire que le destin nous réserve quelque chose de grand et ne pas attendre que ça nous tombe dessus. Il faut choisir, prendre des décisions, bonnes ou mauvaises, on a le droit de se tromper. Personne n'exige de nous d'être parfait. Ceux qui le font, ce qui nous jugent ne sont pas à considérer. Ils sont la transparence, presque le néant.

Il ne faut garder que le positif, être disponible pour la vie, pour les amis, pour les surprises, pour la joie, pour le bonheur, pour l'inattendu.


 Je voudrais conclure par quelques mots qui ne sont pas de moi. J'ai été obligé de les emprunter devant leur indéniable justesse. Même si le contexte de leur écriture n'est pas vraiment le même que celui que je dépeins, ils nous ramène à la force et à l'idée qu'après la pluie, il y a toujours le beau temps.

Mais soudain de parler je me sens conquérant
Et plus clair et plus vif et plus fier et meilleur
Et plus près du soleil et plus sûr de durer
Un enfant né en moi qui n'est pas d'aujourd'hui
Un enfant de toujours par un baiser unique
Plus insouciant qu'un premier papillon
A l'aube le printemps lui donne une seconde
Et la mort est vaincue un enfant sort des ruines

Derrière lui les ruines et la nuit s'effacent. 

(Paul Eluard, Grandeur d'hier et d'aujourd'hui)

Alors, réjouissez-vous, rien n'est perdu, jamais. Le monde sait être trop triste pour que nous n'essayons pas d'être heureux, le plus possible.


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samedi 27 août 2016

liberté sexuelle et angoisse amoureuse

Alors voilà, force est de constater que dans le monde actuel, le célibataire lambda ne manque pas d'outils pour mettre fin à sa solitude. Elles sont nombreuses les applications où grâce à un profil mûrement réfléchi ou à peine construit, on peut mettre notre célibat en ligne, comme un produit de supermarché, pour chercher la rencontre, ou, pour les plus ambitieux, le grand amour. Évidemment, pour les plus old school, il reste également la bonne vieille méthode de la saoulerie dans un bar ou dans une soirée en rooftop ou en pleine air, c'est l'été, ne l'oublions pas. Mais alors voilà, peu importe comment la première prise de contact a lieu, la question est: mais pourquoi faire?

Si le choix de supports de rencontre est grand et les moyens variés, ce qui m’interpelle c'est que la suite que l'on va donner à tout ça, est souvent laborieuse. En effet, si vous souhaitez une rencontre pratique vous débarrassant des toiles d'araignées de votre activité sexuelle, c'est très simple. Un match sur Tinder ou Happn, ou une cuite dans un bar non loin de chez vous suffiront à pourvoir à vos besoins. Pour les plus désespérés, sortez jusqu'au bout de la nuit, il y zone tout un tas de personnes en rute comme vous, restées sur place à la recherche du compagnon qui leur évitera de rentrer se coucher seules dans leur grand lit vide...malheureusement, on ne garanti pas la qualité de ceux qui trainent leur guêtres là! Bref. Mais en ce qui concerne l'aboutissement de ce choppage dans les règles en quelque chose de plus sérieux, vous pouvez vous lever tôt. Car au matin, ou pire encore, juste après le coït, nombreux sont ceux, fille ou garçon, qui prendront leurs jambes à leur cou, désertant le paysage après avoir obtenu relative satisfaction. Qu'arrive-t-il aux célibataires de notre génération, et plus encore, que se passe-t-il avec notre rapport à l'amour? En tout cas, il est visiblement plus aisé de dévoiler son anatomie dans ce qu'elle a de plus privé, ticket de métro, intégral ou pantoufle, que ses sentiments. Ou encore, plus facile de demander si la personne pratique la sodomie et l'éjaculation faciale que de dire je t'aime...perplexité.

J’élargis donc mon questionnement à l'amour en général, pas uniquement à l'amour des célibataires. Car, que se soit dans les bars ou sur les sites de rencontres, j'ai pu constater que l'homme ou la femme mariés semblent eux aussi faire n'importe quoi avec cette question d'amour. Insatisfait de leur vie conjugale, pour des raison de sexe ou d'amour, de lassitude du quotidien ou de mauvais choix, la confusion est grande, et le départ pour la solitude rarement adopté. Du coup, ils n'ont pas peur de troquer la fidélité pour le grand frisson de la multiplication sexuelle, au dépend de leur moitié ou la tentative d'arranger les choses. Tout le monde se côtoient donc dans un joyeux marasme dont la finalité est de chopper, et non plus de découvrir l'autre pour du "plus si affinité", pour, utilisons les grand mots, tomber amoureux.

J'ai vu l'autre jour un documentaire, ou un film, je ne me rappelle plus de la source, où une femme disait "ma grand-mère dit que nous avons gagné la liberté sexuelle mais perdu le droit à l'amour".
Qu'est-ce qui nous arrive? L'amour terrorise. Il semblerait que nous ne soyons plus capables du moindre attachement. Comme si finir la nuit dans l'urgence d'un partenaire glané sur la route était immuablement plus grisant. Soyons sérieux, la récompense s’évanouit rapidement de nos souvenirs, et n'est pas si gratifiante que ça pour notre sécurité.  Mais qu'y a-t-il de si effrayant dans le sentiment amoureux? De plus terrorisant que la consommation sans limite de sexe sans lendemain? L'amour semble être perçu comme une prison, un enfermement et non comme une formidable liberté offerte  d'être nous même avec la personne aimé. Du coup, il terrasse les plus audacieux.

Alors, avons-nous peur de rater la bonne personne ou sommes-nous des putains d’égoïstes incapables de la moindre concession? A-t-on perdu le sens de l'amour, ou nous aimons nous trop nous-même pour être capable d'aimer quelqu'un d'autre? Cherchons-nous à être flatté, vaniteux que nous sommes, s'assurant que l'on plait toujours en accumulant les conquêtes? Certains diront qu'ils ont trop souffert et que donc, à ce compte là, ils ne veulent plus prendre le risque d'avoir le cœur brisé. Je ne sais pas si cette angoisse est légitime ou non, en tout cas, je la comprends. Mais alors, nous voilà dans un terrible système où un gros chat se mord la queue. En effet, si par peur d'aimer, par volonté de préserver son petit cœur, on passe notre temps à rejeter tout le monde, alors on contamine la personne rejetée qui, à son tour, construira un mur infranchissable entre elle, son cœur et l'autre pour ne plus à son tour, éprouver la sensation d'être rejetée... Le système est donc en lui-même une faille. Nous devenons alors des choses molles incapables de prendre le moindre risque. A notre époque où les sports extrêmes sont en pleine explosion, où tout le monde recherche le grand frisson, l'adrénaline et le reste, nous sommes prêts à mettre notre corps en danger mais pas notre cœur. Étrange non?

Je voudrais être à même de proposer une solution, et pourtant je n'en ai pas. Mais voilà je trouve que tout ça ne prend pas la bonne direction. Et si nous avions toujours cru savoir ce qu'était l'amour alors que non. Je m'explique. Il n'y a pas si longtemps, et encore aujourd'hui dans certains coins du monde, les mariages étaient arrangés. Alors on se retrouvait avec une personne que l'on n'aimait pas, que l'on n'allait peut-être jamais aimer, mais comme c'était pour tout le monde pareil, l'amour chevaleresque revêtait un aspect légendaire, comme le mouton à cinq pattes. On ne pouvait que l'imaginer sans le ressentir par tous les pores de notre peau, l'envisageant grandiose. Certains se sont rebellés en disant, non mais nous aussi on veut y avoir droit. Mais avoir droit à quoi. A un sentiment préconisé dans Tristan et Iseult, le respect de la dame, l'amour chevaleresque et de l'ordre du sacrifice, pour les cas extrêmes, celui de Roméo et Juliette. Ou le pensant comme l'amour inconditionnel coulant de sources des comédies romantiques, qui engendre les déclarations d'amour dans un jardin public que tout le monde applaudit, ou la traversée du globe pour une course au ralenti se terminant par un câlin virevoltant des deux protagonistes. Peut-être que comme on ne voit que des images d'amour submergeant, du domaine du coup de foudre, censé nous frapper en plein cœur, on n'a plus la patience d'attendre de connaitre la personne. On commence par une baise et on se dit que si rien ne nous envahit à part un pénis, une langue ou une poitrine opulente, ça ne vaut pas le coup d'être vécu. Mais je pense que ce ne sont pas les bonnes raisons. Je pense que la plupart des gens sont trop égocentriques pour tenter de comprendre l'autre, de l'écouter, de faire un effort pour s'aimer tout simplement. Et puis, il y a une question de timing, d'écoute de soi qui nous conduit parfois à des crises existentielles propres, nous enfermant dans notre nombril.

La recette serait-elle alors la suivante: une ouverture à l'autre, une acceptation de notre peur de souffrir, une force de caractère qui nous pousserait à remettre ça la fois suivante. Arrêter de tergiverser et se jeter à corps perdu en se disant qu'au pire on se fourvoie. Être suffisamment fort pour ne pas céder à la peur de la solitude, et éviter de s'embarquer dans une relation irrémédiablement vouée à l'échec. Préférer être seul que mal accompagné. Savoir qui on est, et cibler ce qu'on attend de l'amour plutôt que de subir la volonté de l'autre. Arrêter d'envisager le sexe comme un but à atteindre mais plutôt comme un moment partagé avec son corps certes, mais dans un échange qui fait tournoyer notre cerveau à en faire perdre la tête. Le sexe n'est-il pas meilleur avec un être aimé plutôt qu'avec Pierre, Paul, Jacques et Marguerite (ensemble ou séparément selon les gouts de chacun) dont on ne se souviendra d'ailleurs pas du prénom au petit matin?

L'amour, ou du moins son chemin, c'est la confiance en l'autre, de la simplicité, du non stress du réveil du lendemain, du petit déjeuner en toute quiétude parsemé de rires. On ne se pose plus la question du "va-t-il rappeler demain?" ou "mais pourquoi il appelle pas?". Finalement l'amour c'est simple, c'est entier, ça coule de source, ça se vit pas à pas, parfois c'est périlleux mais ça peut marcher à condition de s'en donner les moyens et surtout de commencer. Je ne sais pas vous, mais moi quand je m'imagine à 80 ans, si tenté que j'y arrive, je vois bien un papy aux cheveux blancs à côté de moi dans la véranda (les personnes âgées ont toutes des vérandas!), plutôt qu'un chat que j'aurais appelé Roger comme unique compagnon! Donc liberté sexuelle d'accord, mais à deux (ou plus, n'oublions pas les poly-amoureux) c'est mieux, surtout s'il y a des paillettes d'amour avec.


Le sexe sans lendemain n'est pas à jeter aux ordures, et je ne juge en aucun cas ceux qui le pratique. Mais sachons entrevoir d'autres possibilité. On peut, par exemple, commencer par cesser d'avoir peur, en prenant notre temps...






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samedi 23 avril 2016

Face au vent...

Il y a ces périodes où on se partage entre la boulimie de vivre et des angoisses existentielles qui nous plongent dans de drôles de phases tristes. Ce sont ces périodes où on passe en un instant des larmes aux rires. Ces moments d'absence alors que l'on est entouré des siens. Ces colères au fond de nous. Ce viscéral sentiment d'injustice, d'énervement ou de haine qui nous habite malgré nous, et qui rencontre nos euphories passagères.

Et puis, comme une bénédiction, il y a ces petits moments qu'on n'a pas vu venir et qui n'ont l'air de rien. Pourtant, ils vous font autant vous sentir vivant qu'ils vous guérissent, pour de vrai.


Un soir, comme ça, où vous craignez l'ennui, vous êtes à la terrasse d'un bar avec vos amis, en priant presque pour que la soirée ne soit pas encore la même, que la folie s'empare de votre joyeuse bande, que la surprise vous attende au détour d'une route, que l'ivresse vous mène jusqu'à l'incroyable. Vous avez envie de sortir de vous, de vous catapulter dans une aventure aventureuse et pleine de péripéties. Votre angoisse de l'ennui vous paralyse presque, vous devenez pressant, votre verre de rosé à la main. "Alors, on fait quoi ce soir?"

En face de vous, ça traine les pieds, ça ne sait pas, et ça s'en fout. "On verra bien."

On verra bien... l'idée est si séduisante. On verra bien... vous aimez ça. L'imprévu semble s'inviter à votre table. Alors on boit un autre verre pour célébrer ça, puis deux, puis quatre, puis... "Allez, on bouge?" "Allez, on bouge!"

On monte dans un énorme pickup, on met la musique à fond et pour peu que ce soit du rap, on a l'impression d'être 50 cent. On danse dans la voiture, assis, juste avec les bras, on chante, on rit, on se chamaille pour le choix de la musique, on rit encore. Ce moment en voiture est délicieux. On retrouve des vieux réflexes. On se traite de con pour rigoler, on se vanne, mais on sait bien que derrière chaque réplique, c'est autant d'amour que l'on s'envoie, comme une fratrie soudée. On se connait depuis tellement longtemps déjà. On a grandi ensemble, et ça, rien ni personne ne pourra le changer.

On arrive au resto, la voiture rentre un peu fort dans le parking, on manque de percuter une voiture garée. Un chat nous regarde d'un air mi-perplexe mi-effrayé. On lutte un peu pour descendre de la voiture, parce qu'elle est haute, et parce qu'on est saoul. Cette douce ivresse désinhibe nos sentiments, nous fait nous sentir complice, encore plus que d'habitude, et nous met en joie. Je suis comme dans une bulle avec vous. Lorsqu'on pousse la porte du resto, tous les regards sont sur nous. Notre entrée fracassante à toute vitesse sur le parking n'est pas passée inaperçue...mais on s'en fout. On s'arrête au niveau du bar, nos pas vacillants. "On reprend un verre?" "Et ma foi, quelle question, on reprend un verre!"

On fume des clopes, on boit des bières, encore et encore, on parle de tout et de rien, on s'envoie des pics, on rit, on débat sur le menu, on mange, on se vole des frites dans nos assiettes, on se dit "comment tu m'as volé une frite?", il y a ceux qui finissent, et ceux qui donnent leur assiettes aux autres, on plaisante avec la serveuse...on est bien! On boit un dernier verre au comptoir, on n'a pas envie de rentrer. On a des idées de génie comme un concours de mangeurs de saucisses prévu pour cet été. "On fait quoi?"

Et là, un de vos amis vous fait un cadeau formidable. Il vous emmène dans son coin, celui qu'on a tous. Cet endroit où on va quand on a un truc a fêter, ou qu'on veut méditer sur la vie, ou qu'on a un coup de mou et qu'on a besoin de reprendre un peu d'énergie.


La route est sinueuse, la voiture semble connaitre le chemin, on boit nos bières, on chante, on remue, on lève les bras, on se sent vivant. Et puis là, tout à coup, la vue est à couper le souffle. Les lumières des villages se déploient à nos pieds, comme un tapis parsemé de tous petits points brillants. Il fait écho au ciel étoilé qui scintille, il n'y a pas de nuages. Le panorama s'étend sur toute la vallée. Le moment est incroyable. On descend de voiture, la musique du poste résonne. Comme on est saoul, on prend garde de ne pas tomber dans le vide. On est presque solennel face à tout ça, face à ce "tout ça" qui nous submerge. Il y a du vent, il fait froid mais on s'en moque. C'est si bon d’être ensemble. Entre nous c'est pour toujours, dans les joies comme dans les peines, on est là, on est là ensemble. Alors, on crie face au vent chacun notre tour, on crie tout ce qu'on a sur le cœur. On crie notre colère, notre tristesse, on se décharge d'un fardeau pour ne garder que l'effervescence de cette soirée. Le vent semble emporter aux loin nos mauvais sentiments qu'il fait disparaitre dans l'immensité du ciel étoilé. On ne garde que les rires et la sensation qu'on peut tout se dire. Même si parfois on n'est pas tendre entre nous, au fond on s'aime, et ça pour toujours! D'ailleurs, je n'aurais pas pu crier face au vent avec d'autres que vous, hurler si fort avec tant d'émotion et de vérité sans avoir peur d'être jugée. On s'écoute crier, on se rassure, on se dit qu'on dit n'importe quoi et que c'est sûr, tout va bien aller. Chacun y va de son exemple, de son expérience, de sa théorie, ou de sa pensée philosophique teintée d'alcool. Évidemment, il y en a toujours un qui a froid et qui semble faire un peu la tête, mais c'est ça aussi d'être avec vous, c'est imparfait mais vrai. Chacun fait ce qu'il veut, même la tronche.

On remonte en voiture, on philosophe encore un peu. La bière a alourdi nos corps et nos esprit. Est-ce d'avoir tant crier que nous sommes épuisés. Ou est-ce l'alcool qui nous enivre presque jusqu'au sommeil? Dans tous les cas, je me sens bien, le cuir de la banquette arrière est moelleux. La voiture démarre, elle ronronne pour moi. La musique a changé, elle est douce. On ne parle plus, on a trop parlé peut-être, trop dit. Je me sens bien et je m'endors sur le trajet du retour. Je suis en sécurité avec vous.




Depuis, tout va tellement mieux. Criez face au vent avec vos amis, ça vous guérit.






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vendredi 1 avril 2016

Typologie des mythos Tinder

Alors voilà, j'avais promis, j'avais dit plus jamais au grand jamais, plus de relations, plus de mecs, il n'y a que le concours qui compte...mouais, j'ai pas tenu parole. On pouvait s'en douter!
Alors, j'ai réactivé mon  compte Tinder afin de combler mon ennui.

Donc Tinder, pour ceux qui vivrait dans une grotte ou au fin fond de l'Alaska, c'est une application de rencontres. On s'accorde que ceux qui vont sur Tinder ne recherchent pas forcément clairement le grand amour, mais plus la rencontre, et on verra bien. Il y a tout un tas de profil qui apparaissent sur l'écran de votre smartphone, et on glisse son pouce à gauche pour nexter, et à droite pour liker. Après on voit tout de suite, ou on attend avec impatience de voir si ça matche ou pas. Quand il y a match, vous pouvez commencer à discuter avec l'heureux élu par messagerie instantanée. Le soucis est que cette frénésie du pouce peut vous faire rater des occasions ou au contraire vous faire liker malgré vous. Et sur Tinder, comme dans la vraie vie, il n'y a pas que des cadeaux...
Évidemment, je me suis prise au jeu, et j'ai testé et adopté Tinder. J'y vais, j'en reviens, j'y retourne.
Et puis, je l'ai abordé de manière sociologique, et j'ai voulu, pour vous, déblayer la jungle Tinder. Je vous propose donc, novices ou utilisateurs réguliers, en me basant sur mes expériences, un petit guide d'aide permettant de sélectionner vos futurs cruchs et de débusquer les mythos.


Le mytho photo

J'ai eu le malheureux plaisir de rencontrer C. Sur sa photo il était chou, en mode jolies lunettes de soleil, sourire charmeur. J'ai liké, ça a matché, on a discuté et décidé de se rencontrer. Arrive le jour du rendez-vous, et là... le drame. La ressemblance entre la photo et la réalité était équivalente à la distance à parcourir entre la France et l'Australie, à savoir quasi nulle! Je ne sais même pas comment j'ai fait pour le reconnaitre... ah oui, il était le seul sur le lieu du rendez-vous. Moi qui culpabilisais d'y aller légèrement éméchée, c'est ce qui m'a sauvé! C'est pas que je sois superficielle, mais le physique, ça compte quand même, il faut qu'il y est attirance. Mais j'aurais dû me méfier, les signes étaient pourtant là!
Finalement, le mytho photo se débusque facilement. Si vous voulez éviter les mauvaises surprises niveau ressemblance photo/réalité, il y a quelques règle à adopter. Si le mec n'a qu'une seule photo de profil...ça sent le roussi. Si en plus, il ne cadre que la moitié de son visage, qu'il porte des lunettes de soleil, ou qu'on le voit de loin, le signal d'alerte doit s'allumer. Certains garçons sont encore plus périlleux et douteux, comme ceux qui postent des photos de célébrités comme Medhi qui a le doux visage de Brad Pitt...fuyez. Et puis, il y a abdos man qui utilise une photo de ses tablettes de chocolat en guise de photo de profil. Moi je dis, quand il n'y a pas la tête c'est louche, et au delà de ça, c'est comme si vous postiez une photo de vos seins...c'est juste bizarre!
Alors on retient: pas de photo de profil unique, pas de lunettes de soleil, pas de moitié de visage, pas de buste sans tête, aussi alléchant soit-il, et pas de célébrités, et vous devriez éviter le pire! On évite également les photos floues, prises de loin, avec des potes sans savoir duquel il s'agit, et tout cliché suspect qui vous laisse une impression d'indiscernable. On regarde bien toute la série de photos, beau sur une, moche sur l'autre, c'est toujours le moche qui l'emporte!



 Le mytho fantasme

Bon alors le mytho fantasme a le mérite de jouer carte sur table assez rapidement. Sa première ou deuxième phrase dans le fil de discussion sera en général "Je vais réaliser tous tes fantasmes!" Il lance ça comme ça, avec aplomb. Il croit à ce qu'il dit, et suppose que vous êtes sur Tinder pour vous prendre un coup vite fait bien fait, n'en pouvant plus de désir pour tous ces inconnus... Perplexité! Alors en quoi est-il un mytho puisqu'il annonce la couleur directement. Parce que qui nous prouve qu'il sera appuyer sur les bons boutons pour nous faire décoller direct vers le septième ciel? Vous connaissez le proverbe "c'est pas ceux qui en parlent le plus qui en font le plus." Alors je reste méfiante, et par expérience, je peux vous dire que c'est un dicton tout à fait vrai. On est pas à l’abri d'un gars qui fait sa petite affaire en moins de 30 secondes (véridique), ou qui est munie d'un engin inefficace, mi-mou, ou alors aux envies de domination vraiment pas alléchantes, que même une chienne, femelle du chien, n'accepterait pas. Alors, si jamais vous acceptez la proposition, il est probable que vous sentiez monsieur s'écrouler sur vous dans un râle salvateur, pendant que vous, vous restez là sur le dos à compter les fissures du plafond ou les moutons de poussière au sol (chacun ses préférences), complètement incomblée. Qu'on se le dise messieurs, avant de vendre la peau de l'ours, appliquez-vous. Apprenez comment fonctionne une femme, et son corps...je vous assure que quelques cours de soutient ne feraient pas de mal à certains. La vie n'est pas un film porno.



Le mytho voyageur

"Écoute bébé, je suis exceptionnellement dans le coin, j'habite pas vraiment ici/ je dois partir en déplacement pour le boulot/ mes ambitions m'attendent ailleurs." Le mytho voyageur est un gars qui n'assume pas le fait qu'il ne cherche rien de plus qu'une joyeuse partie de jambe en l'air. Il va vous dire que vous êtes belle, qu'il ne peut rien promettre mais qu'avec vous c'est différent. Alors, tout dépend de ce que vous recherchez, mais si vous voulez une rencontre que vous voulez approfondir, ne perdez pas votre temps avec cet être insaisissable qui ne se fatiguera pas pour vous accorder de son temps. Parfois le mytho voyageur est juste un voyageur, et il arrive qu'il est vraiment envie de vous voir, vous revoir et vous re-revoir...à vous de voir si vous êtes prête à prendre le risque ou pas.



 Le mytho fantôme

C'est bon, vous l'avez vu lui. Il vous plait, ses photos sont chouettes, sa description est marrante, il a l'air d'un garçon très sympathique. Vous likez, et vous matchez. Cool, vous sentez l'excitation au creux de votre estomac. Et bien ne vous réjouissez pas trop vite car votre relation se limitera uniquement à ce match. Il ne vous parlera jamais. Comme vous êtes une fille, vous attendez un peu qu'il s'exprime, il ne le fait pas, vous prenez sur vous, vous prenez l'initiative d'un premier "salut", d'une petite blagounette pour vous rendre intéressante...il ne répondra jamais. Le mytho fantôme est uniquement là pour tester son pouvoir de séduction, et restera muet. Le plus drôle c'est que quand comme moi, vous êtes sur l'appli, puis en partez régulièrement, avant d'y revenir, vous allez recroiser son profil. Donc pour le fun, vous likez à nouveau, vous matchez à nouveau...et toujours rien! Le mytho fantôme n'est qu'un bellâtre que vous n'approcherez jamais. Ne soyez pas triste, vous vous serez au moins rincé l’œil sur ses photos.



Qu'est-ce qu'il y a à retenir de tout ça? Et bien messieurs, arrêtez de mentir, c'est la meilleur façon de tomber sur la personne qui vous correspond, et c'est la meilleure façon de nous éviter de perdre du temps. Pourquoi mentir à part pour faire subir aux deux parties des complications. S'envoyer en l'air est-il un but ultime à atteindre? C'est marrant, c'est grisant, mais après, que reste-il à part le vide qu'il y avait déjà avant? Alors il faudra recommencer. Et puis n'oubliez pas, il y a toujours une question de karma, et qui dit que la prochaine fois vous ne tomberez pas sur une fille qui vous piétinera le cœur et l'âme. Ne faites pas aux autres ce que vous n'aimeriez pas qu'on vous fasse.

Et je me permettrais d'ajouter quelques remarques. La phrase de description sur votre profil qui dit "on dira à ton père qu'on s'est rencontré au musée/théâtre/ à la piscine/ au parc", elle est marrante la première fois qu'on la lit, mais sachez que vous êtes au moins 50% à l'utiliser. Et en fait ça fait vite gros lourd. La photo de profil prise en voiture...pourquoi? elle est tellement systématique que ça en devient intrigant sur le rapport que vous entretenez tous avec elle. Enfin, les photos prises avec des tigres drogués en Thaïlande, des singes en captivité, des boas, pythons et autres bêtes exotiques...ça fait rêver que vous, certainement pas nous.

J'espère que vous y voyez un peu plus clair maintenant sur cette application de notre génération 2.0. On vous laisse jouer du pouce en toute quiétude. Likez, dislikez comme bon vous semble, maintenant vous êtes prévenus!








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mercredi 30 mars 2016

Fugacité



Ce sont des moments frêles qui passent vite, des moments qui vous sortent de vous pour vous rendre vivant. 

Il y a la tête qui tourne, les papillons dans l’estomac, l’excitation.

Qu’il s’agisse d’un baiser ou d’un moment inhabituel qui vous dépassent, d’une folie qui nous sort du quotidien, ce que l’on cherche tous c’est d’aller au-delà de nos limites, pour vivre, tout simplement.
Une intense légèreté qui vous parcoure d’un frisson guérisseur, voilà ce que l’on veut tous. Dire qu’on s’en fout, que rien ne compte à part le tremblement de se sentir vivant. Transgresser les règles, transgresser nos propres règles, se moquer de tout et du reste, juste vivre.
On devient ces moments fous le temps qu’ils durent, et après ?

Après…on en veut encore et encore plus pour alimenter notre corps et notre âme de leur adrénaline. Et puis, on tente avec plaisir de les reconstituer pour en extraire la quintessence de ce qu’il en reste. On se raccroche aux détails, on se dit que l’on s’est tellement fait emporter par le tourbillon de l’instant, que les souvenirs visuels ne sont pas nombreux. Mais que reste-t-il alors ? Il reste les autres sens et les autres sensations. Le bruit d’une voix et d’une phrase qui résonne encore et encore. La mémoire du corps, de ce qu’il a éprouvé, la joie, l’excitation, l’envie, le désir, une douce spirale virevoltante, le peau contre peau. L’odorat qui se souvient d’une senteur de garrigue, de l’odeur de l’autre, de la fragrance de l’alcool ou de mets délicieux. Le gout, un des sens les plus charnels, il se rappelle de tout.

Alors, on essaye de recomposer une image éclatée pour en faire un souvenir à part entière, un souvenir qu’on a choisit, un souvenir sans histoire ni déroulé chronologique. C’est un souvenir sensorielle qui nous envahie d’un intense frisson dans tout le corps à chaque fois qu’on y pense. « Alors j’ai fait ça ? oui je l’ai fait, c’était bon ! »
On a un nœud dans l’estomac, mais comme un papillon, un fourmillement qui s’installe, les muscles qui se contractent, et on a hâte que ça recommence…se sentir vivant !

© Paysage..., Mhelaniee, 2015

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lundi 21 mars 2016

Nous aurions pu.

Nous aurions pu aller voir la mer, le soleil qui y finit sa course, nous serrant l'un contre l'autre, en nous murmurant "Que c'est beau!".
Nous aurions pu grimper sur une falaise, nous extasiant de la poésie du monde à nos pieds, criant notre euphorie face au vent.
Nous aurions pu aller faire un tour de grande roue, manger une gaufre, rire comme des gamins et s'essuyer le sucre glace au coin de la bouche, avant de nous donner un baiser langoureux.
Nous aurions pu prendre la voiture pour aller en ville, et puis finalement, au dernier moment, bifurquer sur l'autoroute jusqu'à Barcelone, rouler toute la nuit, et arriver au petit matin à MontJuïc pour contempler la ville qui se réveille.
Nous aurions pu nous retrouver chez toi, nous étreindre toute la nuit, dans toutes les pièces, ne nous arrêtant que pour parler de la vie, nous raconter nos rêves et nos espoirs.
Nous aurions pu aller diner, quitter la table après l'entrée, trop presser de nous étreindre dans l'embrasure d'une porte, nous laissant envahir par la délicatesse du printemps.
Nous aurions pu partir en weekend dans une ville inconnue, nous baladant main dans la main, nous laissant guider par nos pas, les yeux écarquillés, avide de découverte, goutant toutes les spécialités locales.
Nous aurions pu aller à un concert, chanter à tue tête, danser, sortir un briquet, nous embrasser, et rire, toujours rire.
Nous aurions pu partir à l'aventure à l'autre bout du monde, sentir le soleil sur notre peau, la chaleur de l'eau, et nous faire maintes promesses rien qu'en nous regardant, les yeux dans les yeux.
Nous aurions pu savourer une soirée devant un bon film, sous un plaid et profiter de cette proximité  pour que les choses dégénèrent dans un corps à corps sensuel.
Nous aurions pu boire jusqu'à l'ivresse, avoir la tête qui tourne, le sens de l'équilibre troublé, rire aux éclats en essayant de marcher, et se moquer du monde autour de nous, seuls dans notre bulle. 
Nous aurions pu parler à battons rompu de choses sans importance, avoir des débats stériles, ne pas être d'accord, nous engueuler et finir par nous marrer.
Nous aurions pu faire l'amour, partout, tout le temps, sans horaire fixe, sans lieu déterminé.

Nous aurions pu aller à une fête de village et danser au bal jusqu'à la fin de la fête, on aurait bu de la bière, tu m'aurais fait tournoyé, j'aurais aimé l'instant, et je t'aurais peut-être aimé toi...

Tout ceci n'arrivera pas, pas avec toi en tout cas.
Alors, j'avais promis, pas de larmes. J'ai failli.
Toi aussi tes opportunités t'ont emmené ailleurs.
Moi je reste là. Je me dis qu'il faut que j'arrête d'avoir un cœur d’artichaut, ou de rencontrer des garçons biens avec un timing si peu coopératif.
Il faut que je ne pense qu'à moi, que j'oublie la rencontre, la vie avec quelqu'un.
Je n'ai plus la force d'espérer, et puis plus rien.
Ce n'est la faute de personne, ni la tienne, ni la mienne. J'attends juste de savoir ce que le destin me réserve...il doit avoir un plan pour moi aussi, non?

Alors je suis là, je continue à me débattre avec force, je ne lâcherai rien... et j'espère que mon tour finira par arriver.
Je vais travailler avec acharnement. Je vais l'avoir ma belle vie, il n'y a pas d'autre possibilité!

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